La plupart des pays européens ont instauré dans leur système économique, après la seconde guerre mondiale, un système public dit de « sécurité sociale ».
Ce système consiste d’un côté à prélever des cotisations dites sociales sur les salaires de l’ensemble des travailleurs « déclarés » et, de l’autre côté, à verser des allocations dites sociales à tous ceux qui sont inscrits dans ledit système.
Ce système est qualifié de « social » parce que
-officiellement, il redistribue la richesse nationale
-les cotisations sont proportionnelles aux revenus salariaux.
En réalité,
-ce système ne redistribue pas la richesse nationale mais seulement une partie de celle-ci, la partie qui est attribuée sous forme de salaires aux travailleurs déclarés.
Une autre partie, de plus en plus grande, du revenu national est attribué « autrement » : revenu des entreprises, revenu du capital, salaire des actionnaires (dividendes), avantages et privilèges professionnels non considérés comme salaires, primes et surprimes financières, etc. Cette part du revenu national ne « cotise » pas.
Par exemple, quand un guichetier est remplacé par un guichet automatique qui produit le même revenu, ce dernier ne « cotise » pas, c’est-à-dire qu’il n’y a pas une part de son travail qui est redistribuée « socialement ».
-les allocations « sociales » sont, comme les cotisations « sociales », proportionnelles aux revenus.
C’est exactement comme dans n’importe quel système d’assurance privée « non sociale » où les indemnités sont proportionnelles aux primes d’assurance versées.
Dans certains pays comme la Belgique par exemple, seules les allocations familiales, c’est-à-dire pour les enfants, ne sont pas proportionnelles aux revenus en vertu du principe : 1 enfant = 1 enfant. Pour les autres allocations : 1 chômeur n’égale pas 1 chômeur, 1 retraité n’égale pas 1 retraité, 1 malade n’égale pas 1 malade, etc.
Pour qu’un système d’assurance publique obligatoire soit vraiment sociale, il est évident qu’il faudrait que tous les revenus cotisent de manière à redistribuer toute la richesse nationale et que toutes les allocations ou revenus de remplacement soient les mêmes pour tous.
La différence de « niveau de vie » proviendrait du revenu de départ ou d’une assurance privée et non du revenu de remplacement « social ».
La différence pourrait aussi provenir de moyens sociaux supplémentaires (aides, indemnités, gratuités…) accordés en fonction de la situation de l’allocataire : perte d’autonomie, handicap, frais médicaux, personnes à charge, etc.