Déchetteries sélectives de quartier

Dans les pays densément peuplés, la meilleure solution pour la collecte et le traitement durable des déchets des ménages est le réseau de déchetteries sélectives de quartier, autrement appelées recyparcs locaux !

Des déchetteries sélectives de quartier :

• de la taille d’un local à poubelles-conteneurs comme dans les immeubles à appartements
• d’utilisation totalement gratuite pour tous
• d’utilisation facile et pratique et d’accès faciles, 24h/24, 7j/7
• pour tous les déchets dûment triés, y compris les déchets ménagers qui seront « valorisés » en électricité ou en chaleur
• sans limite de quantité
• dont les conteneurs seraient régulièrement vidés (quotidiennement peut-être)
• avec une place de stationnement pour les camions qui videraient les conteneurs en faisant la tournée des déchetteries
• dont la surveillance en regard de la propreté et de la sécurité serait assurée plusieurs fois : par la fréquentation des usagers, par la fréquentation des collecteurs, par l’agent de quartier, et par des caméras de surveillance s’il le faut (par exemple, les caméras de surveillance des camions collecteurs alors devenues inutiles).

Dans certaines communes, des déchetteries centrales

(comme les recyparcs actuels en Belgique) pour des plus gros dépôts, par exemple des dépôts d’entreprises : indépendants, artisans, PME, etc.
(On peut d’ailleurs s’étonner que les pouvoirs publics ne « valorisent » pas tous ces déchets et les laissent au profit du secteur privé !)

Plus aucune collecte en porte-à-porte !

sauf exception (par exemple, après inscription à des collectes spéciales).


La question du financement de ce système de déchetteries de quartier.

• Tous les déchets sont valorisés, c’est-à-dire revendus au juste prix !
• Tous les habitants payent une redevance fixe minimale pour le service communal qui entretient ces déchetteries de quartier et qui s’occupe éventuellement de collectes spéciales vers les déchetteries centrales (encombrants, pneus, organiques…) !
• Plus les consommateurs auront de déchets, plus ils auront du « travail » pour les trier et pour aller soigneusement les déposer à la déchetterie de leur quartier (par exemple, quand ils iront faire leurs achats de… nouveaux déchets !), donc ils auront intérêt à les limiter
• On peut imaginer un système d’incitant financier pour faire rapporter les déchets.
Par exemple, ceux qui apportent des déchets bien triés et propres en grande quantité à la déchetterie centrale reçoivent une ristourne ou des cadeaux (conteneur, composteur, panier de transport de déchets,… ) ou bien peuvent troquer ces déchets contre des déchets encore utiles. C’est un peu le même principe que chez les ferrailleurs quand on leur apporte de la ferraille ! On peut alors imaginer que des personnes passeront leur temps à ramasser les déchets qui traînent un peu partout et les apporteront à la déchetterie contre quelques euros… comme c’est déjà le cas avec les ferrailleurs amateurs qui tournent dans les rues la veille des collectes d’encombrants !


Les inciviques.
Les contrevenants à ce système, les « sales gens », les inciviques, n’auront plus aucune excuse pour ne pas faire bien. Faire mal leur coûtera le même travail : aller jeter ses déchets dans la nature ou dans le conteneur, c’est le même travail, jeter dans le mauvais conteneur ou dans le bon, c’est aussi le même travail. Et si malgré tout, un individu s’obstinait à faire mal, il serait alors sanctionné par des heures de travail d’intérêt général qui consisteraient à nettoyer les crasses qu’il a fait et les autres qui traînent partout.


Ce système est tout bénéfice pour les citoyens et pour la collectivité.
• Fini de devoir installer une micro-déchetterie sélective chez soi avec au moins 5 sortes de poubelles : on peut aller déposer ses déchets à la déchetterie quand on veut
• Fini de devoir penser au jour et à l’heure de la collecte ou aux heures et aux jours d’ouverture des recyparcs
• Fini de devoir payer des conteneurs ou des sacs perdus pour y mettre ses déchets : on peut jeter uniquement ses déchets et pas un emballage en plus pour les mettre dedans
• Fini de devoir payer pour fournir des déchets valorisés (PMC recyclés, déchets ménagers nettoyés des incombustibles, des dangereux et des biodégradables incinérés pour produire de l’électricité)
• Finis les camions-poubelles qui roulent à pas d’homme plusieurs fois par semaine dans toutes les rues en encombrant le trafic sur des voiries déjà saturées de véhicules en circulation et en stationnement, complètement anachroniques à une époque où tout le monde est obligé de se déplacer pour tout, et surtout pour aller acheter ses déchets
• Finis les trottoirs transformés au moins une fois par semaine en déchetterie géante à ciel ouvert avec des sacs qui s’envolent au vent, qui sont alourdis par la pluie ou la neige ou qui sont troués par des animaux ou des vandales
• Finis les recyparcs installés à l’écart des lieux habités pour ne pas que les déchets (devenus des marchandises) dérangent et qui nécessitent une voiture pour s’y rendre
• Finis les dépôts de déchets à côté des conteneurs à verre rond ou à vêtements de seconde main parce qu’il n’y a pas d’autres conteneurs pour les y déposer
• Finis les déchets abandonnés un peu partout dans la nature pour ne pas payer ou devant les portes des recyparcs fermés pour ne pas devoir repartir avec
• Finis les déchets dans les mauvais sacs pour payer moins cher
• Fini de devoir payer des équipes de ramassage de dépôts sauvages et des policiers de l’environnement qui font la chasse aux contrevenants, sans parler des pauvres éboueurs obligés de courir derrière les camions à la sueur de leur front et au péril de leur vie (on paiera les employés des déchetteries et les conducteurs des camions collecteurs)
• Finis ces camions collecteurs très sophistiqués, avec boîte de vitesse démultipliée pour vitesse rampante et caméras de surveillance à l’arrière

Et pour ceux qui pensent que les citoyens ne vont pas se déplacer pour aller déposer leurs déchets dans leur déchetterie de quartier, qu’ils pensent
• Que tous les citoyens aujourd’hui se déplacent pour aller acheter leurs déchets (s’ils ne peuvent le faire, d’autres le font pour eux)
• Que tous les citoyens aujourd’hui se déplacent tout le temps (pour le travail, les services, les loisirs…)
• Que tous les citoyens aujourd’hui se sont habitués à aller jusqu’aux bulles à verre de leur quartier pour leurs flacons, bocaux et bouteilles
• Que beaucoup de citoyens se déplacent pour aller se débarrasser de leurs déchets, soit dans les déchetteries existantes, soit dans la « nature », soit dans les déchetteries mobiles qui viennent dans leur quartier, soit à côté des conteneurs à verre installés dans tous les quartiers.


Avec ce système, il y aura des perdants.
Avec la politique actuelle des déchets dans les pays industrialisés, qui est une politique économique des déchets, les déchets « rapportent » 2 fois :
• Une première fois en les vendant !
• Une seconde fois en les reprenant ! puisqu’en débarrassant les gens de leurs déchets, on leur rend (on leur vend) un service, on ne les leur rachète pas !
Bref, plus il y a de déchets, plus ça rapporte !
On peut dire que le secteur économique des déchets est, proportionnellement, le plus lucratif, puisqu’une même marchandise rapporte en la vendant + en la « rachetant » : celui qui produit un déchet est payé quand il le vend et, quand il le reprend, il est payé une seconde fois !
Et quand on compte que recycler les matières premières contenues dans les déchets coûte moins cher à présent que de les exploiter dans la nature où elles sont toujours plus rares…

Bref, le plus grand frein économico-politique à un tel système de déchetteries sélectives de quartier, c’est la gratuité qu’il faudra instaurer pour tout dépôt de déchets dans ces déchetteries !