Echanges équitables.

Définition.

Un échange équitable est un échange qui satisfait de manière égale tous ceux qui y participent, qu’on appellera les échangeaires*.

*Comme les actionnaires, les gestionnaires, les fonctionnaires, les salaires, etc. Les mots échangeur et échangiste ayant une autre signification.

Conditions.

Pour qu’un échange soit équitable, il faut impérativement que tous les échangeaires puissent traiter d'égal à égal, en étant sur le même pied d’égalité.
Pour cela, il faut 2 conditions sine qua non :

• 1ère condition : le même degré de liberté pour tous les échangeaires

Les échangeaires doivent être sur le même pied d’égalité en matière de liberté d’échange.
Il s'agit ici de la liberté d'échanger comme de ne pas échanger (si on n'est pas d'accord avec les termes de l'échange), ou alors, de la plus ou moins grande nécessité d'échanger. Celui qui est plus libre que les autres d'échanger a un privilège dont il peut user, et surtout abuser pour en tirer profit.

• 2ème condition : le même degré d'information pour chacun

Les échangeaires doivent être sur le même pied d’égalité en matière d’information sur les termes de l’échange (les marchandises échangées).
Il s'agit ici de l'information sur les objets de l'échange, qui doit permettre à ceux qui échangent d'évaluer ces objets, c'est-à-dire de leur attribuer une valeur. Celui qui est plus informé que les autres a un privilège dont il peut user pour obtenir une plus juste évaluation, et dont il peut surtout abuser pour fausser l'évaluation des autres.

Application.

Pour évaluer l’équitabilité ou non d’un échange, il faut d’abord évaluer les conditions de l’échange, puis évaluer la satisfaction de tous les échangeaires et ensuite les comparer entre elles.
Pour ce faire, il faut procéder à une triple évaluation :

1) L’évaluation du degré de liberté de chacun.

Cette évaluation est très facile quand le degré est un des extrêmes
- soit 100% : la liberté est totale, même de ne pas échanger !
- soit 0% : la liberté est nulle, et l'échange est alors obligatoire.
Quand le degré de liberté est intermédiaire, l'évaluation est beaucoup plus difficile.
Quand tous ceux qui participent à un échange sont obligés d'échanger à 100%, cet échange devient du partage !
Remarquons que le degré peut même devenir négatif quand un échangeaire est obligé d’échanger par le fait d’une tierce personne.

2) L’évaluation du degré d'information de chacun.

Cette évaluation est très facile quand le degré est un des extrêmes
- soit 100% : l’information est totale.
- soit 0% : l’information est nulle.
Quand le degré d’information est intermédiaire, l'évaluation est beaucoup plus difficile.

Remarquons que cette évaluation est souvent difficile car l'information est souvent difficile à obtenir.
Remarquons aussi que le degré d’information peut devenir négatif quand l’information est remplacée par de la désinformation ou de la déformation.

3) L’évaluation de la transaction.

Une fois « informés », les « libres » échangeaires doivent chacun de leur côté évaluer les objets de l'échange : attention ! la valeur attribuée par des individus à toute marchandise est variable d'un individu à l'autre, tout simplement parce que tous les individus sont différents les uns des autres !

Les « valeurs » de l’évaluation dépendent donc à la fois des objets et des sujets de l'échange, qui changent en tout ou en partie à chaque échange !

La satisfaction de l’échange s’obtient alors quand l’échange est décidé de commun accord.