Guerres et paix.

Pour beaucoup de monde, les guerres sont inévitables du fait que, pour eux, les hommes ont une propension naturelle à faire la guerre.
Les guerres sont effectivement inévitables mais pour une toute autre raison : elles sont fabriquées pour faire marcher le commerce.

1. Le secret de fabrication des guerres.

Le secret de fabrication des guerres, c’est… la paix !

Si on demande aux 6,7 milliards environ d’individus qui peuplent la planète actuellement s’ils préfèrent la guerre ou la paix, au moins 6,6 milliards répondront la paix !
Aussi, comment se fait-il qu’à notre époque, au XXIème siècle, avec tous les moyens formidables dont dispose l’humanité, une si petite minorité de gens pro-guerre parvient-elle à imposer sa volonté à une si grande majorité anti-guerre ?
Si on demande à tous ceux qui « font la guerre » , qui « sont en guerre » ou « qui sont pour la guerre », s’ils veulent la guerre ou la paix, la toute grande majorité répondra qu’elle veut la paix, alors qu’en réalité elle est en guerre !
Paradoxe ?
Si on demande à tous ceux qui font la guerre, alors qu’ils veulent la paix, pourquoi ils font la guerre, ils répondront quasiment tous que s’ils font la guerre, c’est pour avoir la paix !

En réalité, c’est parce que la paix est la chose à laquelle la majorité des gens tiennent le plus au monde qu’on réussit à leur faire faire la guerre.
En leur faisant croire que leur paix est menacée, on réussit à la leur faire défendre en faisant d’abord la guerre contre leur ennemi, celui-là même qui leur est désigné comme celui qui veut les priver de leur bien le plus précieux !


2. La recette de fabrication des guerres.

La recette est extrêmement simple et est toujours la même :

• Fabriquer deux camps bien distincts.

Les deux camps doivent se distinguer par une différence exclusive : nationalité, religion, couleur de peau ou de drapeau, langue, club sportif, etc.
Cette différence exclusive est essentielle pour empêcher d’être dans les deux camps à la fois. Peut alors s’appliquer l’expression bien connue : celui qui n’est pas avec, est contre !
Cette condition est absolument essentielle pour empêcher que les deux camps puissent d’une manière ou d’une autre se retrouver sur un lien commun et de là se connaître, et donc aussi se comprendre, s’apprécier et se respecter.

• Dresser les camps l’un contre l’autre.

Ici intervient (dans l’ombre évidemment) un troisième camp, celui du fabricant de guerre. Ce fabricant va, soit lui-même, soit au moyen d’agents, méticuleusement expliquer, preuves (?) à l’appui s’il le faut, à chacun des deux camps que l’autre camp est son ennemi (mortel) qui veut lui faire la guerre ou en tout cas menacer sa paix, et que pour avoir la paix, il faut d ‘abord faire la guerre à son ennemi.

• Mettre le feu aux poudres.

Il suffit alors de provoquer un incident qui déclenche le processus guerrier, et de laisser aller les choses, tout en supervisant le déroulement pour s’assurer que tout se passe bien comme il faut.

• Précaution.

« C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes ».
Pour être certain de pouvoir produire très facilement et très rapidement une bonne guerre, il faut conserver les restes des anciennes guerres : vestiges, ruines, monuments aux morts, héros, martyrs, lieux de pèlerinage. Il faut aussi régulièrement répéter le discours d’endoctrinement : nous sommes les bons, et n’oublions pas de faire comme nos aïeux qui ont fait la guerre pour notre liberté et notre paix, faisons la guerre à nos ennemis (les ennemis, ce sont ceux d’en face). Pour cela, rien de tel que des cérémonies commémoratives avec grand messe sur la paix à conquérir et préserver à tout prix, surtout celui d'une bonne guerre !
Une autre (sage) précaution est d’entretenir en permanence des foyers de tensions, d’incompréhensions, d’injustices,… que l’on peut raviver sur le champ (de bataille).

• Assurance.

Le plus délicat, lorsqu’on fabrique une bonne guerre, c’est de réussir à faire payer le coût (prohibitif) de la guerre par les contribuables (= les cochons de payants) sans qu’ils rouspètent, comme ils le font à chaque fois qu’on veut leur faire payer quelque chose qu’ils n’ont pas vraiment demandé.
C’est pour cela qu’il faut leur faire subir un conditionnement totalement maîtrisé du début à la fin. Cela se fait par :
- un scénario classique efficace (les bons et le méchant)
- une mise en scène à grand spectacle, captivante comme l’univers virtuel
- un savant marketing promotionnel (une propagande adaptée aux 2 camps belligérants)
- des premiers rôles triés sur le volet (des agents parfaitement drillés pour exécuter les ordres, placés aux postes stratégiques, et capables de jouer leur rôle –de bon ou de méchant- sans aucune faille)
Le tout doit être parfaitement emballé dans un maximum de baratin pour que personne ne se rende compte de rien.
Seuls les figurants ne jouent pas la comédie : les morts, les blessés, les martyrisés… Sinon, ça n’aurait pas l’air assez vrai et ça ne toucherait pas assez le public non averti.
Mais c’est ça aussi le prix à payer pour avoir une économie de marché florissante et prospère, c’est-à-dire où les marchés sont florissants et prospères.

3. L’économie de marché de guerre.

Une bonne guerre est une guerre qui est la plus coûteuse possible. C’est celle qui fait le mieux marcher les 4 marchés de la guerre, qui couvrent à eux seuls à peu près toute l’économie de marché :
• Le marché militaire, évidemment, et tout ce qui va avec (y compris tout ce qui est espionnage et contre-espionnage). On peut remarquer que pour faire marcher cette industrie, il n’y a pas besoin de produire une vraie guerre : seul le spectre de la guerre suffit (rappelons-nous la guerre froide et la course aux armements)
• Le marché de la reconstruction. On remarquera qu’une « bonne » guerre moderne est celle qui détruit le plus possible, mais qui ne tuera pas le plus possible de gens. Car il faut tenir compte du 3ème marché
• Le marché de l’humanitaire. Une bonne guerre moderne est celle qui produira le plus possible de « réfugiés », c’est-à-dire des gens qui n’ont plus rien et qui ont besoin de tout : nourritures, couvertures, et surtout médicaments, si on attend assez longtemps pour qu’il y ait des épidémies
• Le marché boursier. Pour que la bourse rapporte des plus-values, il faut que les valeurs fluctuent, d’abord à la baisse, ensuite à la hausse. Et pour cela, il faut bien trouver des « raisons » pour les faire fluctuer. Un foyer de tension par-ci par-là, ou une bonne guerre fournissent toujours la bonne raison dont les boursicoteurs ont besoin.

L'économie de marché de la guerre, c’est aussi en temps de paix le financement par les pouvoirs publics, donc avec de l’argent public, de la recherche et développement des nouvelles technologies. Officiellement, c’est pour les armées. En réalité, c’est pour offrir ultérieurement de nouveaux marchés à l’industrie sans qu’elle doive payer le coût de la R&D.