Droit de grève.
Définition :
droit de cesser le travail salarié sur le lieu de travail dans les conditions prévues par la loi.
Ces conditions prévues par la loi relèvent du simple bon sens : les termes du contrat de travail salarié ne sont pas respectés par l’employeur.
En pratique, 2 types de situations peuvent se présenter selon qu’il est relatif
- au salaire. Exemple : le salaire n’a pas été versé.
- à la sécurité du salarié : la vie ou l’intégrité physique du salarié est « anormalement » menacée, c’est-à-dire par rapport au contrat de travail.
En aucun cas, le droit de grève n’est le droit d’empêcher les autres de travailler !
Droit de manifester.
Définition :
droit d’utiliser l’espace public pour défiler et exprimer son opinion dans le respect des règles et des règlements édictés par les autorités.
Ces droits ne sont en aucun cas le droit :
-de priver les autres de leur droit de travailler
-d’entraver la libre circulation des biens et des personnes
-de priver les autres de leur liberté
-de saccager des biens publics ou privés
-de faire tout ce qu’on veut, d’avoir tous les droits, même celui de voler
(toutes actions qui relèvent plus du terrorisme)
-de nuire aux autres et de prétendre que c’est pour leur bien qu’on leur fait du mal
(procédé qui relève plus de la dictature)
-de s’en prendre à des non-responsables de la situation contestée, même des innocents, plutôt que de s’en prendre directement aux responsables qu’on accuse
(méthode qui relève plus de la couardise que du courage « social »)
-de faire tout ce qui est illégal et immoral sous le prétexte qu’on n’est pas content !
A titre comparatif,
-le droit au logement est-il le droit de s’installer dans n’importe quel logement ? Non !
-le droit à l’enseignement est-il le droit de kidnapper un enseignant et à l’obliger à enseigner à ses enfants ? Non, évidemment !
Le comble de l’hypocrisie est ensuite de mesurer la réussite d’un mouvement de grève, non pas au nombre de salariés qui ont décidé volontairement l’arrêt de travail, mais au nombre total de travailleurs qui ont cessé le travail en comptant ceux qui ont été contraints et forcés de le faire par les volontaires !
A qui profite toute cette confusion dans les droits sociaux ?
A tous ceux dont la crise économique et son cortège de misères sont le fond de commerce, qu’ils défendent en stigmatisation cette crise par des actions spectaculaires. En même temps, ils veulent faire croire que ces actions sont entreprises pour faire améliorer les choses alors qu’ils ne veulent surtout pas les améliorer…
A tous ceux qui veulent se comporter en voyous et se défouler en toute impunité : il leur suffit de payer leur cotisation au syndicat, de revêtir les couleurs syndicales et d’invoquer le droit de grève…
A tous ceux qui veulent, par des actions musclées, déforcer les petites entreprises et les travailleurs indépendants (dont la concurrence est alors mise en péril) tout en renforçant les grosses entreprises (qui ont ainsi de bonnes occasions de délocaliser ou de réclamer des aides publiques pour rester) …
A tous ceux qui préfèrent exiger des patrons et des entreprises qu’ils agissent comme les « grévistes » et les « manifestants » le veulent, plutôt que de créer eux-mêmes les entreprises selon le modèle qu’ils exigent des autres. Certaines organisations syndicales et politiques qui réclament un certain modèle d’entreprise ne créent aucune entreprise à l’exception de leur propre organisation, syndicat ou parti, qui sont alors de grosses entreprises, parfois même multinationales !
Extensions du droit de grève.
Le droit de grève peut s’étendre au droit d’appel à la grève : les travailleurs salariés ainsi « appelés » conservent ensuite leur droit de suivre ou non l’appel.
Le droit de grève peut s’étendre au droit d’informer les travailleurs salariés sur la grève dans l’entreprise : une délégation peut demander à l’employeur d’informer l’ensemble des travailleurs salariés, par exemple via une assemblée générale des travailleurs, organisée pendant le temps de l’arrêt de travail nécessaire à cette assemblée.