Il était une fois 2 tours jumelles dressées au cœur d’une mégalopole. Construites dans les années 60, leur conception était parfaitement conforme aux normes de cette glorieuse époque : une structure métallique protégée du feu par des tonnes d’amiante, des bureaux panoramiques ceinturant des colonnes techniques.
Ses concepteurs ne pouvaient se douter que les normes changeraient autant : l’amiante a depuis mauvaise presse, les nouveaux bureaux modernes sont truffés d’informatiques.
Bref, les tours jumelles ne conviennent plus du tout à leur fonction.
Dans ces conditions, trois solutions se présentent.
Transformer les bureaux pour les mettre aux normes du 21ème siècle : trop cher !
Transformer le bâtiment pour une autre affectation, de logements par exemple : trop cher !
Démolir le bâtiment pour en reconstruire un autre : vraiment très intéressant pour les promoteurs immobiliers, mais bien trop cher ! Il faudrait d’abord tout démonter et évacuer tous les matériaux et surtout, il faudrait payer le coût de toutes les précautions à prendre à cause de l’amiante !
C’est sans compter avec le hasard, cette bonne fortune qui sourit aux investisseurs les plus avides : des attentats terroristes, sortis d’on ne sait où, viennent tout régler.
Les tours sont démolies en un temps record et le coût d’évacuation des débris est pris en charge par la collectivité, qui prend même à sa charge le coût des dommages collatéraux. C’est normal, puisque c’est la faute aux terroristes. Cerise sur le gâteau : le prix du mètre carré à l’emplacement des tours détruites croît, vu les circonstances. Même la revente des matériaux est porteuse.
Les années passent et chaque année les attentats sont commémorés. Mais jamais par les terroristes !